[Mars 2019] Newsletter Parégrine #3 - Un mars et ça rep'art !

Publié : 08/03/2019 14:05:34
Catégories : Newsletters

Où est Charlie ? Version Arty

Caméo. Comme l’apparition fugace d’un personnage au cinéma ou en littérature. Une participation brève et anecdotique d’un acteur, indécelable pour un public ou un lecteur non averti. Le collectif CAMEO n’a pas choisi son nom au hasard. Le trio de dessinateurs dissémine subtilement dans ses créations des clins d’oeil et des références tout en finesse. A l’heure du numérique et des publications assistées par ordinateur, CAMEO prône un retour aux fondamentaux et une pratique artisanale du dessin,. Avec l’usage de leurs stylos, les trois artistes apportent un soin minutieux à chaque trait tracé et questionnent l’esthétique du geste de l’expert.



Le Projet CAMEO voit le jour en 2012, autour d’un dessin de station de métro initié par Nicolas Dolto. Simplement et presque naturellement, ses amis de lycée, dessinateurs eux aussi, Samy Boussard et Samy Dion, viennent apposer des feuilles blanches autour des trois premières planches. Place alors au vertige et à l’ivresse. Ils se lancent un défi technique fou, celui de réaliser un dessin en format gigantesque.

Précision et harmonie. Des mois durant, ils vont transpirer l’exigence et la discipline. Leurs heures de travail ne seront plus comptées pour crayonner, puis peindre les détails de ce que leur inspire cette station. Les traits de l’un se mêlent à ceux des deux autres, comme une conversation fluide entre amis qui se connaissent par coeur et ne font qu’un. Le défi technique est dépassé par les perspectives cavalières qui permettent de maintenir la même échelle dans toute l’œuvre et laissent la part belle aux mouvements. Le minimalisme du détail laisse alors place à des gestes et postures plus éloquents.

Fortune et sérendipité. Leur projet avance bien et puis...un jour, dans la hâte, Nicolas oublie la pochette composée des précieux dessins dans le RER. Aussitôt, l’artiste contacte chacune des gares où le train a pu s’arrêter, en vain. Quatre mois de recherche. Quatre mois de peine. Jusqu’à un beau matin de juillet 2013 où Nicolas reçoit un appel d’un agent de maintenance de la SNCF, Monsieur Fortune. Avec son nom, tout était dit. Celui-ci avait retrouvé la pochette avec les coordonnées de Nicolas, un travail de qualité selon ses mots. L’artiste serait certainement heureux de retrouver son labeur, avait-il justement pensé.

Universel et ethnographique. Ce premier avis fortuit de Monsieur Fortune confirme l’intérêt pour leur technique et leur approche de l’illustration. Le projet CAMEO se transforme en réalité. Ces archivistes humoristes des faits sociaux n’hésitent pas à afficher la culture populaire comme moteur de leurs influences. Le collectif professionnalise sa pratique et l’inscrit comme outil d’intervention par l’exécution des fresques en entreprises.

Tels des philosophes des temps anciens, les artistes du collectif engagent un dialogue avec le public. Quel que soit son bagage culturel, celui ou celle qui contemple une oeuvre CAMEO retrouve toujours des références, actuelles (via l’évocation de faits d’actualité) ou générationnelles (clins d’oeil aux films et séries B notamment).

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