Julie Coustarot

La photographie est un sport de combat. Julie Coustarot envisage son art comme la boxe française qu’elle pratique plusieurs fois par semaine : “un enchaînement aérien comme une chorégraphie.” La photographie est son mode d’expression naturel. Communiquer par l’image est sa première nature. Elle reflète, comme sa pratique de la boxe, une personnalité multiple, prête au combat. Au coeur de son travail se niche un souci premier pour l’humain. Elle illustre parfaitement la formule de Walter Benjamin en 1931 : “l’homme est ce à quoi la photographie est le moins capable de renoncer.”

Mélange de détermination et de discrétion, Julie se fond dans les décors qu’elle explore. Appliquant le principe d’Heisenberg à la sauce sociologique, elle essaye d’observer sans influencer l’expérience. L’exploration se fait de l’intérieur, doucement, par imprégnation du milieu. Elle prend le temps de connaître son sujet et de le mettre en confiance. Et toujours cette passion de l’humain : “par le portrait, je vais chercher ce qu’il y a de beau dans l’individu.”

Que ce soit des reportages, des travaux de commande ou des créations personnelles, l’univers de Julie Coustarot reste toujours onirique, épuré et malgré tout empreint d’une mélancolie certaine, “plus impressionniste que journalistique” d’après les mots d’Isabelle Lassignardie. A la croisée des chemins entre le documentaire et l’artistique, son travail se veut une fenêtre sur l’intime, sur les moments invisibles qui se glissent dans le quotidien, cachés derrière les murs de la routine et de l’habitude. Toutes mes séries, qu'elles soient orientées reportage,mode,portrait... sont avant tout des envies, des rencontres. Je fonctionne beaucoup au feeling. Je fais une série photo sans l'intellectualiser et attend de voir ce qui va se déployer.”

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